Les cures de détoxification ayurvédique

Dans une époque où il y a une prise de conscience de l’importance de manger correctement, les conseils sont nombreux sur internet et les ouvrages à ce sujet se multiplient.

Que veut dire manger correctement ? Eviter les plats cuisinés achetés dans le commerce, privilégier les produits locaux, de saison et si possible bio, éviter de manger trop salé ou trop gras. Pour résumer, éviter de faire entrer dans notre organisme des toxines présentes dans ce type de nourriture.  Mais cela ne suffit pas … même si ce sont les conseils fondamentaux à respecter.

En Ayurvéda, le régime alimentaire idéal pour toutes les personnes n’existe pas. Nous n’avons pas tous les mêmes capacités de digestion. Nous n’avons pas tous le même Agni, le feu digestif. Mais nous avons tous besoin d’une détox de temps en temps. Cela occupe une place importante dans l’Ayurvéda.

Je souhaite dans cet article vous donner les fondements d’une détox utile en vous expliquant les raisons de mes choix.

L’Ayurvéda accorde une grande importance à la digestion. Une mauvaise digestion est responsable de dépôts de toxines dans l’organisme. Ce dépôt s’accumule avec le temps et fini par nous rendre malades. Cela s’explique par un encombrement de nos Srotas (canaux qui ont double fonction, donner de l’énergie à notre organisme et évacuer les toxines).  Et, la réalité est qu’il est impossible de ne pas avoir des toxines accumulées dans l’organisme que ce soient celles venues des aliments ou encore celles produits par des écarts ou erreurs alimentaires ou encore celles dues à la prise de médicaments.

Ce qui explique la nécessité des cures de détoxification.

Actuellement les réseaux sociaux parlent souvent des cures d’aliments crus ou encore des cures de jus de fruits ou de légumes.

Le printemps est une saison idéale pour une cure parce que l’organisme a beaucoup accumulé pendant l’hiver. Cela est dû à un ralentissement de la circulation des différents fluides dans l’organisme.

Nous allons analyser quelques cures connues :

  1. La cure de Kitchari : le kitchari est un plat préparé avec des portions égales de riz basmati et de haricot mungo avec des épices et un peu de ghee. On peut faire une cure de quelques jours ou une cure d’un week end par mois mais c’est bien également de prendre de kitchari le soir (ou quelques soirs dans la semaine). Le kitchari est un plat complet, digeste qui peut être consommé sans aucun risque de fatigue.  La cure de kitchari est excellente pour rééquilibrer les fonctions intestinales (soit constipation, soit diarrhée ou encore alternance). Selon la constitution et les symptômes, il peut être indiqué l’ajout de compléments alimentaires (comme le Triphala) ou des tisanes et le tchaï. Les plantes ayurvédiques (mais aussi les plantes occidentales) ainsi que les épices sont d’une grande aide à la cure, mais cela doit être indiqué par un conseiller en ayurvéda qui vous indiquera laquelle est conseillée dans votre cas et vous donnera la dose et fréquence. Les plantes peuvent viser plutôt une élimination intestinale, hépatique, rénale et peuvent avoir soit un effet chauffant soit rafraichissant et l’auto-prescription peut être, dans les meilleurs des cas, inefficace.
  2. Le jeûne : un jeûne bien suivi est une bonne chose, mais il a besoin d’être suivi dans un cadre adapté et avec un personnel avisé, par exemple dans un ashram. Et d’une manière générale, il est préférable de boire des liquides autres que l’eau. Les toxines ont besoin de fibres pour s’y accrocher et pouvoir les éliminer. De plus, idéalement, il doit être associé à des massages drainantes et à une pratique douce de yoga. Et très important, il y a une préparation au jeûne et un retour à l’alimentation normale progressive. Il est déconseillé de suivre un jeûne tout seul.
  3. La cure de raisin : n’est pas une bonne idée parce que c’est très sucré. Toute cure de fruits doit être courte.
  4. Le Panchakarma est un protocole fait de 5 actions (Pancha) et Karma (action). Les 5 actions sont le lavement intestinal, les purges par l’ingestion de plantes visant l’élimination, les vomissements, le nettoyage des sinus et le saignement (parfois avec des sangsues). Il ne peut être mis en place que dans des cliniques, hôpitaux, et doit être accompagné de soins ayurvédiques (environ 2 à 3 heures par jour) et avec le suivi d’un médecin ayurvédique. Le Panchakarma est très efficace pour la prévention mais aussi pour le traitement de maladies. Pour cela, je recommande de vous adresser à une clinique en Inde.
  5. Le Purva Karma : est à la base la préparation pour le Panchakarma. Il a l’avantage de pouvoir être pratiqué par un thérapeute ayurvédique, sans nécessairement la présence d’un médecin ayurvédique (un Vaydia). Pendant le Purva Karma on pratique une oléation visant rendre les toxines mobiles et les diriger vers les organes d’élimination (intestin, reins, peau, foie). Pour cela, le thérapeute masse avec des huiles adaptées pendant 5 jours à 1 semaine, utilise la technique de sudation (Swedana) sèche ou humide, localisée ou généralisée.
  6. Après un Panchakarma il y a une phase de Tonification et de Rajeunissement ou Régeneration) – les Rasayanas.  Les Rasayanas sont indiqués également dans des conditions de réhabilitation : après une chirurgie, l’accouchement, une maladie mais aussi chez les personnes âgées.

Pour finir, il est important d’inclure une hygiène de vie adaptée à la cure. Cela est vrai pour n’importe quelle cure que vous ayez choisi. Vous devez avoir une alimentation adaptée à votre constitution, un rythme d’heure de lever et de coucher, une hydratation correcte et régulière, des lectures enrichissantes, suffisamment de repos et un contact avec la nature. La pratique de yoga et de méditation est très recommandée également.